Date de la dernière mise à jour de l'article : 06/08/2020

II- Le métier d'éleveur

1- Il gère son troupeau avec technicité

Placer les animaux dans des conditions appropriées
L’éleveur s’assure au quotidien que les animaux vivent dans de bonnes conditions car être éleveur, c’est être garant du bien-être des animaux. Il convient alors de placer les animaux dans un espace de taille suffisante (en bâtiment ou à l’extérieur en parc ou prairie…), sain (abris, ventilation…), permettant aux animaux d’exprimer leur comportement naturel (déplacements, repos…) et adapté à leur contention et leur protection (clôtures…).
 

Alimenter les animaux
Veiller à bien alimenter des animaux passe notamment par le fait d’avoir accès à un point d’eau propre, des aliments en quantité et en qualité, que ce soit à l’extérieur (au pré) ou dans le bâtiment, et plus largement, une ration alimentaire équilibrée en adéquation avec ses besoins. (voir Chapitre 3)
 

Les soigner
L’éleveur surveille au quotidien la santé des animaux, il sait reconnaître les premiers symptômes d’une maladie, prodiguer les soins de base et utiliser les services d’un vétérinaire si besoin. L’éleveur effectue les interventions liées à la prévention et au maintien de l’état de santé et du bien-être des animaux. 

Suivre la reproduction
Dans le métier d’éleveur, il est nécessaire d’assurer le renouvellement du troupeau, afin de maintenir la production. L’éleveur sait donc réaliser toutes les tâches du repérage des chaleurs (période d’ovulation) jusqu’aux soins aux nouveau-nés.
Il connaît les qualités et les défauts de chacune de ses femelles, et choisira un mâle permettant d’avoir une nouvelle génération la meilleure possible (production, santé, caractère, morphologie…) : c’est le travail de sélection. 

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Ressource : Devenir Eleveur, site de renseignement et d’orientation sur le métier d’éleveur de ruminants

2- Il cultive et produit leur alimentation

Selon le type de production, de nombreux éleveurs sont également producteurs d’aliments pour leurs animaux.


Cultiver une diversité de cultures


Les cultures les plus souvent réalisées dans un élevage de ruminants sont l’herbe, le maïs et la luzerne pour les fourrages. L’éleveur peut également produire des céréales (comme le blé, l’orge, l’avoine…) et protéagineux (pois, féverole), pour l’alimentation de ses animaux ou directement pour la vente. Lors de la moisson des céréales, l’éleveur récupère les grains, mais aussi la paille, qui peut servir de litière ou de fourrage à ses animaux !

 


Des rations prévues pour couvrir tous les besoins de l’animal : exemple des ruminants


La ration alimentaire des ruminants est essentiellement constituée de fourrages. Il en existe plusieurs types, qui se distinguent par leur mode de conservation :
-    les fourrages verts directement pâturés par les animaux pendant la belle saison : herbe, luzerne, colza…
-    les fourrages récoltés et conservés pour une consommation pendant l’hiver, parmi lesquels :

  • les fourrages secs comme le foin (herbe fauchée puis séchée sur le pré avant sa récolte), ou encore la paille ;

  • les fourrages humides, ensilés, stockés après broyage dans un silo et conservés par fermentation en l’absence d’oxygène : ensilage de maïs, d’herbe, ou occasionnellement de sorgho ou de pulpe de betterave ;

  • les fourrages plus ou moins séchés, conservés à l’abri de l’air dans un film plastique, que les éleveurs appellent l’enrubannage d’herbe ou de légumineuses. C’est un produit intermédiaire entre un foin et un ensilage.

L’herbe tient une place prépondérante dans l’alimentation des bovins (60 % en moyenne bovin lait-bovin viande, elle monte jusqu’à 80% pour le troupeau bovin viande ). Cette herbe pâturée ou récoltée sur les 10 millions d’hectares de prairies permanentes du territoire français  joue un rôle positif en matière de régulation écologique, d’entretien des paysages et de la biodiversité, de prévention des risques et d’aménagement du territoire, ou encore de stockage de carbone. (voir Chapitre 3)
Les éleveurs utilisent le plus souvent le fumier et le lisier produits sur l’exploitation pour fertiliser les champs. Cela limite le recours à des engrais chimiques et contribue à l’amélioration des sols.

3- Il est un chef d'entreprise

Il est gestionnaire :


C’est à long terme et au quotidien que le chef d’exploitation gère son entreprise. Il faut en effet établir une stratégie pour son entreprise, raisonner ses investissements, réaliser les tâches administratives, faire de la comptabilité, s’y connaître en fiscalité. Evidemment l’éleveur se fait généralement épauler par des spécialistes (comptables, centres de gestion, banques…)


Il est manager :


Les élevages s’agrandissent. De plus en plus les exploitations sont gérées par plusieurs associés et ont aussi recours à de la main-d’œuvre salariée : cela nécessite de savoir s’organiser entre associés et de savoir gérer du personnel.


Il est attentif aux tendances du marché :


L’éleveur doit être attentif aux marchés, suivre les cours des produits et saisir les opportunités pour l’achat des matières premières et la vente de ses produits.
Cela nécessite de se tenir informé y compris de l’actualité mondiale.


Il est garant de la qualité des produits et de la traçabilité :


L’élevage est également intégré dans une filière qui est encadrée de façon rigoureuse pour garantir la qualité des produits, et le respect des différentes normes.

Encadré : Devenir Eleveur, quel parcours ?

Pour devenir éleveur, des formations agricoles existent en formation initiale ou continue après une reconversion, en cursus classique ou par apprentissage, comme par exemple :
- Le Bac pro CGEA (Conduite et gestion d’une entreprise agricole)
- Le BTS ACSE (Analyse, Conduite et Stratégie de l’Entreprise agricole)
- Le BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d’Entreprise Agricole), accessible en formation continue après une reconversion professionnelle par exemple. Donne un équivalent Bac (niveau IV).


Le métier d’éleveur est accessible soit en s’installant (devenant chef d’exploitation ou associé) ou en devant salarié. Dans tous les cas, il s’agit d’un secteur qui recrute, la moyenne d’âge des exploitants actuellement en activité étant élevée, de nombreuses fermes seront à reprendre.
Les jeunes agriculteurs souhaitant s’installer sont particulièrement bien accompagnés par rapport à d’autres secteurs. Un réseau de Points Accueil Installation présent dans toute la France renseigne les candidats à toutes les étapes de leur parcours (de la prise d’informations à l’installation). Une aide financière est accordée aux jeunes agriculteurs souhaitant s’installer (la Dotation Jeunes Agriculteurs).
Pour les salariés en élevage, des bourses à l’emploi existent.

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Figure : Les chiffres clés de l'enseignement agricole

Source : Ministère de l'agriculture

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