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Date de la dernière mise à jour de l'article : 06/08/2020

III - Elevage et pollution (suite)

1 - Elevage et émissions de gaz à effet de serre (suite)
2. Quelle quantité de gaz à effet de serre est produite par l'élevage ?
1. Les émissions de GES varient selon la filière 
1. Les émissions globales

Publication de référence : Tackling climate change through livestock (FAO) [30]

 

L'élevage émet chaque année environ 7,1 gigatonnes de CO2 éq*, ce qui représente 14,5% des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l'homme. L'élevage joue donc un rôle non négligeable dans le réchauffement climatique.

 

Les bovins (pour la viande et pour le lait) représentent la majorité des émissions (ils représentent respectivement 41 et 20% des émissions du secteur du fait principalement de leurs émissions naturelles de méthane couplées à des cycles de vie plus longs). La production de viande de porc représente 9%, celle de poulet et d'œufs 8%.

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[30] Gerber, P. J., Steinfeld, H., Henderson, B., Mottet, A., Opio, C., Dijkman, J., ... & Tempio, G. (2013). Tackling climate change through livestock: a global assessment of emissions and mitigation opportunities. Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO). (lien)

Très souvent, la production de gaz à effet de serre de l’élevage est comparée à celle des transports, pour mettre en évidence à quel point l’élevage est polluant.

 

Il convient de garder un fait en tête : le calcul des émissions de l’élevage comprend toutes les émissions, « de la fourche à la fourchette » (élevage, alimentation, et dans certains cas également l’abattage, transport, transformation …) alors que le calcul fait pour les transports ne prend en compte que les émissions des véhicules, et pas celles liées à la construction des véhicules, leur entretien etc.

On ne prend pas en compte non plus le carbone stocké par les prairies dans le cas de l’élevage. Par ailleurs, le méthane a un pouvoir de réchauffement supérieur à celui du CO2, mais une durée de vie plus courte.

Méthode

La production d'aliments pour les animaux ainsi que les émissions liées à la digestion des ruminants représentent les deux principales causes de production de GES, avec respectivement 41 et 44 % des émissions du secteur de l’élevage mondial. Lors de la production des aliments pour les animaux, il y a parfois une expansion des zones de culture ou de pâturage (c'est par exemple une des causes de la déforestation au Brésil), cela représente 9 % des émissions. La gestion des déjections (fumier, lisier, etc.) représente 10 %. Toutes catégories confondues, l'utilisation d'énergie fossile du secteur compte pour environ 20 % de ses émissions de GES.

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2. Les émissions par kg de produit

La FAO a publié sur la page de résultats de son outil de modélisation GLEAM32 la quantité de gaz à effet de serre produite par kg de protéines produite (voir encadré Méthode) pour les différentes espèces élevée dans le monde :

FAO_impact elevage.JPG

Ces résultats sont des moyennes mondiales, elles ne représentent pas la diversité de systèmes et de zones.

 Les résultats peuvent être exprimés avec plusieurs unités différentes :

  • par kg de poids vif (pour l'animal vivant),

  • par kg de carcasse,

  • par kilo de viande, lait, œuf, etc.

  • par kg de protéines produites

 

Par ailleurs, beaucoup de résultats sont calculés sur le cycle de vie jusqu’au portail de sortie de la ferme (cradle to farm exit gate ; c’est le cas d’Agribalyse), tandis que d’autres comprennent le cycle de vie complet, y compris la consommation des produits et la gestion de leur fin de vie (cradle to grave) ce qui explique que leurs valeurs soient plus importantes (la majorité des émissions de GES a lieu avant la sortie de l’élevage)

 

Attention donc à bien comparer ce qui est comparable !

Méthode

Le tableau ci-dessous, issu d'une synthèse ayant analysé les résultats de 52 études menées dans le monde entier, fournit le même type de données mais cette fois-ci exprimés par kilogramme de produit. Le graphique en dessous donne une idée de la variabilité des résultats observés lorsqu’ils sont exprimés par kg de protéine.

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Des émissions plus élevées dans les élevages plus "extensifs" : exemple des élevages bovins viande

 

On observe des émissions de gaz à effet de serre plus importantes dans les élevages plutôt "pâturant (grazed)" plutôt que "mixtes (mixed)".

 

Cela s'explique par le fait que dans le cas des élevages plus extensifs, l'alimentation est peu digeste (ce qui implique des émissions de méthane plus importantes, ainsi qu'un volume de déjections plus important), et selon les élevages, une vitesse de croissance des animaux plus faible et donc un âge à l'abattage plus élevé (l'animal continue à émettre du méthane pendant plus longtemps).

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Attention cependant, dans ce cas, on ne prend pas en compte la quantité de CO2 piégé par les prairies, qui compense une partie des émissions ! Voir la partie « Compenser les émissions : Le stockage du carbone dans les sols » (lien à ajouter)

* CO2 eq = équivalent CO2.

Pour pouvoir établir des bilans de GES, alors que les différents gaz n'ont pas le même impact sur l'effet de serre, leurs contributions sont exprimées en terme de pouvoir de réchauffement global (PRG), dans une unité commune, le kg ou la tonne équivalent CO2

Un outil pour calculer des bilans énergie et les impacts de la conduite des cultures (lien)

Ressources pédagogiques sur les interactions entre Agriculture et changement climatique (lien)

Pour aller + loin : Cars or livestock: which contribute more to climate change? Article par Anne Mottet and Henning Steinfeld | FAO)

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