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Date de la dernière mise à jour de l'article : 08/09/2021

I -  L’élevage au cœur de plusieurs controverses au sein de la société française

 
2) A l'échelle de l'Europe : l'élevage offre des bouquets de services pour des territoires contrastés
Image de Arno Vermote

Le maintien des troupeaux sur les prairies d'altitude permet d'entretenir ces zones escarpées et incultivables.

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Source : Dumont et al. 2016 (lien) page 82

Extrait :

« Dans le cadre de cette expertise, on a cherché à décrire les bouquets de services fournis par les élevages inscrits dans des territoires contrastés, en s’appuyant sur des cas-types surtout français mais aussi issus d’autres pays européens (Irlande, Espagne, Allemagne, Suisse). Ce travail a rassemblé la littérature scientifique disponible sur l’élevage afin d’apprécier les impacts et services en fonction de cinq dimensions. Ainsi, a-t-on distingué :

  •  Des territoires en tension du fait d’une forte concentration animale. En Europe, les principales filières d’élevage sont concentrées dans quelques territoires et sont caractérisées par une production élevée de produits animaux mais aussi par une charge élevée en effluents d'élevage au regard des surfaces disponibles pour l'épandage. Face à cette problématique de gestion des effluents, les services fournis par trois territoires aux stratégies différentes sont illustrés par : la Bretagne, la Catalogne et les zones de développement de la méthanisation en Allemagne.

  • Des territoires de polyculture-élevage, entre concurrences avec les cultures et opportunités. L’étude des territoires du Montmorillonnais, du bassin Tarn-Aveyron, de la Bresse et plus marginalement de la Pologne, de la Lorraine et de la Picardie, nous permet de montrer en quoi différents éléments de contexte ont joué en faveur ou en défaveur du maintien d’exploitations d’élevage ou de polyculture-élevage, dans un contexte de concurrence avec les grandes cultures, de diminution de la main-d’œuvre agricole disponible et d’une tendance à la spécialisation des élevages.

  •  Des territoires fournissant des produits de qualité dans des environnements préservés, le cas des zones AOP (Appelation d’Origine Protégée). Les zones de montagne du Massif Central, de la FrancheComté et des Alpes suisses sont des territoires à identité forte où est produite une grande diversité de fromages sous appellation d’origine protégée, avec des niveaux de valorisation très variables selon le mode de coordination des filières et des territoires.

  • Des territoires d’élevage herbagers portés par des conditions de milieu très favorables. Ce cas est illustré singulièrement par le développement de l’élevage bovin irlandais. Fortement soutenu au niveau politique, il vise à tirer parti d’un climat océanique très propice à la pousse de l’herbe et au pâturage pour conforter et développer un modèle agro-exportateur basé sur les avantages naturels mais visant à réaliser les économies de taille, d’intensification et de spécialisation généralement propres aux zones denses.

  • Des territoires à forts enjeux naturels où l’élevage rend des services de régulation et de préservation de la biodiversité et des paysages. De nombreux écosystèmes à forte valeur patrimoniale ont une origine anthropique et résultent d’une activité agricole qui a maintenu le milieu ouvert. Ce cas-type aborde les enjeux associés à la gestion des écosystèmes herbacés ouverts dans des milieux à haute valeur patrimoniale tels que l’élevage en prairie humide (marais Poitevin, marais du Cotentin, Culms du Devon et de Cornouailles) ou les systèmes transhumants de Méditerranée (élevage ovin dans la plaine de la Crau, élevage pastoral des Causses et Cévennes inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco).

  • Des systèmes valorisant une image positive et alternative de l’élevage auprès des consommateurs. Les cas de la production d’ovins viande en Agriculture Biologique et de la production de poulets Label Rouge visent à analyser en quoi la production sous signe officiel de qualité permet la fourniture de services spécifiques via la mise en œuvre de principes et de cahiers des charges bien définis.

  • Les zones périurbaines et urbaines en tant que lieux de nouvelles relations entre l’élevage et la société. L’élevage est souvent considéré comme absent des zones urbaines et périurbaines. Or de nouvelles questions émergent en lien avec les enjeux sociétaux qui se posent à l’élevage, tels que la relocalisation de la production à proximité de la consommation. Par ailleurs, l’espace périurbain, selon la définition de l'INSEE, correspond en France à plus du tiers du territoire national et son importance potentielle en élevage est donc loin d’être négligeable."

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III - Rôle social de l’élevage dans le monde, en Europe, et en France : bilan de quelques études

 

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