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Date de la dernière mise à jour de l'article : 08/09/2021

III - Antibiotiques : utilisation en élevage, et risques d’antibiorésistance

1 - Vous avez dit antibiotiques ?
 
1) Qu’appelle-t-on « antibiotique » ?
Pilules sur cuillères

Extraits : 

Qu’appelle-t-on « antibiotique » ?

 

Du grec anti signifiant « contre » et bios « la vie », les antibiotiques sont des substances d’origine naturelle fabriquées par des champignons microscopiques, des bactéries et beaucoup plus rarement des végétaux, ou encore des substances de synthèse capables:

  • Soit de détruire des bactéries : on parle d’antibiotiques bactéricides ;

  • Soit d’arrêter la multiplication des bactéries : on parle d’antibiotiques bactériostatiques.

 

Tous les antibiotiques sont bactériostatiques à faible dose et bactéricides à dose plus élevée : c’est l’écart entre leur concentration bactériostatique et bactéricide qui permet leur classification dans l’un ou l’autre des deux groupes. Par ailleurs, ce caractère peut varier selon la souche bactérienne en cause. Les antibiotiques sont donc des médicaments qui permettent de lutter efficacement contre des infections bactériennes. En médecine vétérinaire, ils sont par exemple utilisés en cas d’infection de la mamelle chez la vache ou encore pour certaines infections respiratoires ou digestives chez les animaux en croissance. Chez l’Homme comme chez l’animal, les antibiotiques n’ont en revanche aucun effet sur les virus. … d’où le slogan : les antibiotiques c’est pas automatique.

 

Différentes familles d’antibiotiques

 

Les antibiotiques agissent de manière spécifique sur les bactéries en bloquant une des étapes essentielles à leur survie ou à leur multiplication. Ainsi, certains antibiotiques inhibent la formation des enveloppes protectrices de la bactérie (membrane ou paroi), d’autres perturbent certaines réactions chimiques essentielles à la vie des bactéries et d’autres enfin empêchent la traduction de leurs gènes en protéines. Les familles d’antibiotiques sont définies en fonction de leur structure et de leur mode d’action.

 

Les principes actifs utilisés en médecine vétérinaire appartiennent aux mêmes familles qu’en médecine humaine mais l’accès à certains antibiotiques est réglementée : aujourd’hui, certains antibiotiques comme les céphalosporines de 3e et 4e génération (C3G et C4G) et les fluoroquinolones sont qualifiés d’antibiotiques « critiques » car ils constituent l’unique traitement de certaines maladies infectieuses chez l’Homme. Il est possible de les utiliser en élevage si une étude par antibiogramme a montré que cet antibiotique est le seul efficace contre le pathogène affectant l’animal/ les animaux. 

 

L’usage des antibiotiques en élevage

 

Comme tout être vivant, les animaux sont sujets à des maladies qu’il est nécessaire de prévenir ou de traiter. La maîtrise de la santé animale garantit non seulement les performances économiques d’un troupeau (production de viande ou de lait en quantité et de bonne qualité, conduite d’élevage simplifiée) mais aussi le bien-être des animaux. Seuls les produits des animaux en bonne santé peuvent être abattus afin que la viande ou le lait mis sur le marché ne présentent aucun risque pour la santé du consommateur.

 

Pour ces raisons si la prévention a été insuffisante, des médicaments vétérinaires sont administrés si nécessaire aux animaux d’élevage. C’est en particulier le cas des antibiotiques. En 2001, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé qu’au moins 50 % des antibiotiques produits dans le monde étaient destinés aux animaux d’élevage et de compagnie26 .

L’usage des antibiotiques se justifie dans des situations où l’animal est malade ou a de très fortes chances de l’être rapidement. On parle alors de traitement curatif ou métaphylactique :

  • Le traitement thérapeutique (curatif) : les animaux sont cliniquement malades, l’objectif est de les guérir et d’éviter leur mort. Le traitement curatif a également pour effet de soigner et de réduire la souffrance des animaux et de restaurer leur production (lait et viande).

  • Le traitement métaphylactique : dans un élevage avec de grands effectifs, si une infection très contagieuse se déclare et que suffisamment d’éléments sont concordants pour incriminer une (des) bactérie(s), l’ensemble des animaux sera traité dans un même temps pour une plus grande efficacité de traitement, qu’ils soient ou non cliniquement malades à ce moment.

 

En revanche, l’usage préventif des antibiotiques est fortement remis en cause, considérant qu’une reconception des systèmes d’élevage pour réduire les facteurs de risques de maladie est une priorité. Dans cahier des charges BIO, l’usage préventif des antibiotiques est interdit.

  • Le traitement préventif (prophylactique) : les animaux ne sont pas cliniquement malades mais exposés à un facteur de risque (sevrage, transport, etc.), ils ont alors une forte probabilité de développer une maladie à très court terme. Un traitement préventif permet d’éviter l’expression de la maladie. À titre d’exemple, il est appliqué:

    • chez les porcelets lors du sevrage (période propice aux cas de diarrhée)

    • chez les vaches laitières lors du tarissement (fin du cycle de production de lait, période propice aux infections mammaires)

    • chez les veaux lors de l’allotement (mise en lots de veaux provenant d’élevages différents, période propice aux problèmes respiratoires et aux épisodes de diarrhée).

Le Youtubeur Agriskippy a 30 000 abonnés et raconte sont quotidien d'éleveur de vaches laitières. Dans cette vidéo il explique comment il utilise et gère les médicaments pour soigner ses animaux.

 
 

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